Construction-carbone

Le label « énergie-carbone » ou « France Énergie Carbone »

Le label « énergie-carbone » ou « France Énergie Carbone »

novembre 3rd, 2016 // 7:00 @ V.CAU

Ce label mis en place en octobre par le Ministère de l’Environnement de l’Énergie et de la Mer et le Ministère du Logement et de l’Habitat durable, pour une période d’expérimentation de 2 ans, préfigure la future règlementation thermique « environnementale » 2018-2020 qui devrait remplacer l’actuelle RT2012.

Le label évalue la performance énergétique et la performance environnementale de bâtiments neufs selon 4 niveaux d’exigence pour la performance énergétique et 2 pour la performance relative aux gaz à effet de serre.

Cette démarche est clairement inspirée des labels existants Effinergie et BBCA (Bâtiment Bas Carbone). L’objectif de ce label est de « tester » la méthode, les niveaux d’exigences et de réaliser un retour d’expérience permettant de bâtir la future règlementation environnementale.

Focus sur l’indicateur d’impact environnemental  « émissions de GES »

Le calcul est basé sur une quantification des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) sur le cycle de vie du bâtiment (50 ans).

La performance à atteindre est la suivante : les émissions de GES par m² de surface de plancher sur le cycle de vie (Eges), devront être inférieure à deux niveaux de référence Eges max (émissions de gaz à effet de serre maximales sur le cycle de vie) et et Eges PCE max (émissions de gaz à effet de serre maximales de l’ensemble des produits de construction).

indicateurs Eges
Niveaux de performance

Les « valeurs pivots » sont notées A et APCE (1 ou 2 pour les deux niveaux de performance), en kg eq. CO2/m² SDP. Elles sont données (en noir) dans le tableau suivant :

valeurs pivot
valeurs pivot

Ces valeurs diffèrent de celles du label BBCA, notées en rouge dans le tableau précédent. Le label BBCA est en cours d’évolution pour porter ses seuils de référence à 1000 kg éq. CO2/m² SDP pour les logements collectifs et à 980 kg éq. CO2/m² SDP pour les immeubles de bureaux (valeurs pivot A2).

Pour information, dans le cas de logements neufs, environ 50% des émissions sont liées à la construction (et aux travaux de Gros Entretien et Renouvellement) et 50% liées à l’exploitation du bâtiment pendant 50ans. Pour les bâtiments neufs de bureaux, la répartition est de 75% pour la construction et le GER et de 25% pour l’exploitation (source BBCA, CSTB).

La méthode de calcul est sensiblement la même que celle du référentiel BBCA. Le calcul des indicateurs Eges et Eges PCE est détaillé dans le document :

http://www.logement.gouv.fr/IMG/pdf/referentiel_energie_carbone__methode_evaluation.pdf

Les bases pour construire un bâtiment bas carbone :

  1. Augmenter le ratio « SHON/SHOB » et d’une manière générale les ratios « surface utile/ surface construite », « surface utile / surface au sol (fondations)», « volume utile/volume construit »…
  2. Réduire les volumes de béton (fondations, structures…).
  3. Réduire les volumes d’armatures (cette action est liée à la réduction des volumes de béton).
  4. Proscrire les vêtures métalliques (cassettes et bardages en zinc, aluminium…) et réduire les masses d’acier mises en place.
  5. Utiliser les matériaux « bois » autant que possible.
  6. Limiter les équipements « high-tech » et raisonner en termes de cycle de vie (les panneaux photovoltaïques importés n’ont pas forcément un bilan positif en termes de GES sur leur cycle de vie).

Raisonner au-delà du label

Il ne faut pas perdre de vue, même si cela n’est pas pris en compte dans l’évaluation de la performance carbone d’un bâtiment, que l’usage du bâtiment constitue bien souvent la première source d’émissions de GES.

Construire, par exemple, un bâtiment performant labélisé « carbone 2 » mal desservi par les transports collectifs (nécessitant l’utilisation « obligatoire » de la voiture par tous les usagers) et générant d’importants travaux de raccordement des infrastructures collectives (routes, réseau électrique, eau, gaz…et d’entretien futur de ces réseaux) n’est pas forcément un optimum du point de vue global sur les émissions de gaz à effet de serre.

Documents à consulter

http://www.logement.gouv.fr/experimenter-la-construction-du-batiment-performant-de-demain

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Experimenter-la-construction-du.html

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Referentiel_Energie_Carbone_Niveau_de_performance.pdf


Category : BBCA &BEPOS BBC bâtiment performant &bâtiments performants &label énergie-carbone

3 Comments → “Le label « énergie-carbone » ou « France Énergie Carbone »”

  1. [...] les principes de calculs et seuils dans l’article « Le label « énergie-carbone » ou « France Énergie Carbone » Label carbone 2 et bonus [...]

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  2. BonneFoi

    8 moiss il y a

    Bonjour,

    Ces calculs utiliseront-ils le référentiel INES des Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire ?
    Ce système n’est-il pas basé sur la simple déclaration des fabricants.
    Cela pourrait rappeler l’écart entre les déclarations des constructeurs automobiles et la réalité des émissions produites par leurs moteurs. En toute bonne foi…

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    • V.CAU

      4 moiss il y a

      Bonjour,
      Les fiches INIES sont effectivement réalisées par les fabricants. Elles sont vérifiées par une tierce partie indépendante (toutes ne le sont pas encore).
      http://www.inies.fr/le-programme-de-verification/
      Même si certains résultats peuvent être un peu « arrangés », cette démarche va tout de même dans le bon sens.
      Quand la profession aura intégrée cette démarche, il sera important de pouvoir vérifier que personne ne « triche », mais on en est pas là…

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