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Réchauffement climatique, peak-oil, protocole de Kyoto…pourquoi le problème n’est-il pas (encore?) pris au sérieux?

Réchauffement climatique, peak-oil, protocole de Kyoto…pourquoi le problème n’est-il pas (encore?) pris au sérieux?

décembre 18th, 2011 // 2:46 @ V.CAU

La période actuelle parait bien sombre à tous ceux qui espèrent une prise en compte de la contrainte carbone. Les 2°C de réchauffement sont acquis « Le monde se dirige vers un changement climatique irréversible » selon l’AIE, le Canada claque la porte du protocole de Kyoto (et de ce qui pourrait suivre). Le prix du pétrole (Brent) est durablement installé au dessus des 100$/b et cela n’inquiète plus personne. Le sentiment qui domine est que le réchauffement climatique et le la contrainte énergétique est une préoccupation de période faste et de croissance à gogo. Aujourd’hui le temps n’est plus à s’amuser avec ces élucubrations, il faut s’occuper en priorité des choses importantes, les dettes, l’économie la croissance. Rares sont ceux qui voient une corrélation entre disponibilité en énergie et PIB, ou prix de l’énergie et cout de construction.

La reconnaissance de la gravité du problème, et de l’origine anthropique du réchauffement ne fait plus débat, il n’empêche que l’humanité est incapable d’agir?

Le choix se résume finalement ainsi : souhaitons nous nous contraindre (priver, restreindre, faire des sacrifices) aujourd’hui pour un lendemain meilleurs (ou moins pires).

1-problème de méconnaissance

Le problème, est que le quidam comme les politiques les plus avertis (et même les plus érudits sur le sujet) n’ont aucune idée concrète de ce que peut bien vouloir dire « lendemain moins pire ». Quel pourrait être l’impact du réchauffement et du  renchérissement des énergies sur nos existences. Nous voyons clairement les effets directs et immédiats d’une contrainte sur l’énergie et les émissions de GES (c’est douloureux pour le portefeuille),  mais nous n’avons que de vagues idées de ce qui pourrait advenir si nous laissons les choses aller. Qu’est-ce que 2°C de plus ? Est-ce une catastrophe pour les îles Marshall ? Pour la Camargue et ses moustiques ? Pour les espèces d’arbres du massif central ? Pour les ours polaires ? Pour le dimensionnement de la clim de mon logement ou pour l’économie en général? Même les rapports du GIEC ne peuvent donner de précisions, seulement des tendances et des probabilités. Le problème est bien trop compliqué pour évaluer précisément la dérive.

Le risque en est même que les conséquences du réchauffement et du « peak oil », restent sous la surface. Les conséquences peuvent très bien se matérialiser sans que le rapport de cause à effet apparaisse. Quel est la part de la hausse des prix des énergies dans les problèmes économiques actuels. L’énergie étant, avant même les flux financier, le sang de nos économies, je penses comme JM JANCOVICI qu’il serait bon de regarder avec attention la relation prix du baril/flux économiques.

Il en est du réchauffement climatique et de la contrainte carbone comme de l’étisie de Machiavel

« C’est, en effet, en les prévoyant de loin, qu’il est bien plus facile d’y porter remède; au lieu que si on les a laissés s’élever, il n’en est plus temps, et le mal devient incurable. Il en est alors comme de l’étisie, dont les médecins disent que, dans le principe, c’est une maladie facile à guérir, mais difficile à connaître, et qui, lorsqu’elle a fait des progrès, devient facile à connaître, mais difficile à guérir. C’est ce qui arrive dans toutes les affaires d’État : lorsqu’on prévoit le mal -de loin, ce qui n’est donné qu’aux hommes doués d’une grande sagacité, on le guérit bientôt, mais lorsque, par défaut de lumière, on n’a su le voir que lorsqu’il frappe toits les yeux, la cure se trouve impossible. » MACHIAVEL (Le Prince 1532)

2-problème anxiogène

Il est forcément difficile de « vendre des catastrophes » ou du moins des lendemains qui chantent un peu moins, surtout si votre auditoire estime déjà être au creux de la vague. Plus « personne » n’a conscience de la profusion d’énergie à notre disposition. Nous nous sommes habitués et même devenus dépendant d’un flux d’énergie phénoménal.

Pour une population française de 63 M de personnes cela fait 4.3 tep par français ( soit l’équivalent de plus de 5000 litres de gasoil). Offrir une solution de sevrage est forcément difficile.

3- la solution.

Évidemment, je ne propose pas de solutions miracles. Il me semble qu’une taxe carbone aurait le mérite de faire apparaitre le problème (de notre dépendance) au grand jour. C’est un problème de fond, il faudrait donc des solutions…de fond, indépendantes de la conjoncture, des arbitrages électoralistes…

Pour rester dans les citations de Machiavel, il est important de viser très haut

« Les hommes marchent presque toujours dans des sentiers déjà battus ; presque toujours ils agissent par imitation ; mais il ne leur est guère possible de suivre bien exactement les traces de celui qui les a précédés, ou d’égaler la vertu de celui qu’ils ont entrepris d’imiter. Ils doivent donc prendre pour guides et pour modèles les plus grands personnages, afin que, même en ne s’élevant pas au même degré de grandeur et de gloire, ils puissent en reproduire au moins le parfum. Ils doivent faire comme ces archers prudents, qui, jugeant que le but proposé est au delà de la portée de leur arc et de leurs forces, visent encore plus loin, pour que leur flèche arrive au point qu’ils désirent atteindre. »
MACHIAVEL (Le Prince 1532)


Category : Energie &Réchauffement climatique

One Comment → “Réchauffement climatique, peak-oil, protocole de Kyoto…pourquoi le problème n’est-il pas (encore?) pris au sérieux?”

  1. [...] matérialisation de la contrainte carbone La contrainte carbone c’est : en phase aval le réchauffement climatique et ses problématiques à moyen et à long terme. En phase amont, une augmentation inéluctable et continue des prix des énergies.  Cette [...]

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